Projets de recherche

Les raisons de la taxation (Avec Patrick Turmel, U. Laval)

(Projet financé 2015-2017 par le CRSH, Programme Développement Savoir)L’objectif principal est de mettre en lumière les différentes justifications pouvant être offertes en appui à la taxation, sous toutes ses formes, dans une société démocratique. Pour ce faire, nous tenterons de proposer une typologie de ce que nous appellerons ici les raisons de la taxation. Il ne s’agit donc pas d’expliquer le phénomène de la taxation, à partir d’une approche historique, sociologique ou économique, mais de réfléchir à la légitimité démocratique du régime fiscal du point de vue de celui qui y contribue. Notre approche est donc normative et non descriptive.

Nous voulons aussi insister sur la pluralité de ces raisons. Par exemple, il n’est pas difficile de trouver d’excellentes défenses de la taxation sur des bases économiques, auxquelles nous adhérons par ailleurs. Nous chercherons toutefois à démontrer qu’il est essentiel de dépasser une justification de la taxation en termes strictement économiques.

Nous tenterons ainsi de mettre de l’avant, aux côtés de la question de l’efficience économique, des raisons de liberté et d’égalité, ces dernières nous permettant, entres autres, de justifier le rôle redistributif des outils fiscaux. Nous visons toutefois à proposer une justification égalitariste qui soit raisonnablement acceptable pour tout citoyen des sociétés démocratiques libérales, peu importe leur conception du bien, leurs valeurs ou leurs positions sociopolitiques.    

Justice linguistique

Mon projet sur la justice linguistique est le plus avancé des trois. Mon objectif est d’identifier les différents fondements normatifs sur lesquels des auteurs ont tenté de justifier l’octroi de droits ou de protections linguistiques. Les plus régulièrement employés sont l’équité socioéconomique, le respect de l’identité ou la valeur intrinsèque des langues. On peut cependant en identifier d’autres tels que la valeur instrumentale des langues pour les individus, l’efficience linguistique que permet l’intervention de l’État, la valeur intrinsèque de la diversité linguistique ou la valeur instrumentale de la diversité linguistique. Clarifier les arguments souvent laissés implicites ou non définis s’avère un travail important permettant de mieux évaluer les propositions normatives dans le domaine des politiques linguistiques.


Confiance

(Projet financé 2012-2014 par le CRSH, Programme Développement Savoir)

Ce projet de recherche se propose de clarifier le concept de confiance. La nécessité d'un tel travail de clarification conceptuelle m'est apparue lors de mes recherches sur la justice linguistique dans les communautés multinationales. La langue partagée peut-elle promouvoir la confiance par delà les clivages ethnoculturels? Certaines études permettent de le croire. Un problème est cependant vite apparu: au delà des méthodologies différentes, c'est la terminologie et les différentes définitions des concepts utilisés par plusieurs chercheurs qui empêchent de tirer des conclusions précises sur le sujet. La confiance, la dignité de confiance (trustworthiness), la prévisibilité, la réciprocité, la solidarité, sont des termes utilisés de façon quasi synonymique par plusieurs philosophes, sociologues, économistes et psychologues. De plus, certains définissent la confiance comme fondée dans la rationalité instrumentale de l'agent, d'autres dans un devoir moral envers autrui, certains voient sa source dans un rapport cognitif au monde, d'autres dans une émotion plus ou moins alimentée par des aspects cognitifs. Pour certains encore, la confiance s'observe par des comportements, pour d'autres elle est une disposition qui ne se laisse pas observer. Cette diversité dans la compréhension du concept de confiance empêche le développement de projets de recherche mutidisciplinaires ou transdisciplinaires d'envergure où les découvertes et savoirs accumulés par chaque science peuvent être mis à profit afin de mieux comprendre ce qu'est la confiance, quels en sont les déterminants, et de quels moyens nous disposons pour la promouvoir.

Je propose une clarification du concept de confiance en me fondant sur les propositions théoriques offertes par les philosophes mais aussi en tenant compte des enseignements offerts par les différentes sciences ayant travaillé sur les relations de confiance. Je propose une analyse critique des propositions théoriques offertes par les philosophes en mettant ces définitions à l'épreuve des récentes découvertes en sciences sociales et naturelles. Cela permettra d'éliminer certaines conceptions problématiques de la confiance et de clarifier la terminologie. Ces conclusions auront une importance et un intérêt pour la recherche fondamentale en philosophie descriptive et normative en identifiant des moyens de promouvoir la confiance nécessaire aux institutions dans lesquelles s'incarnent les principes normatifs. Elles seront aussi pertinentes pour les sciences portant leur regard sur la confiance en permettant une meilleure interprétation et en facilitant la consolidation des résultats d'études sur le sujet tout en permettant une meilleure configuration des études à venir.


Contractualisme

Mes travaux portent principalement sur le contractualisme comme théorie justificative des normes sociales et morales. 

© David Robichaud 2015