Projets de recherche


Justice linguistique

Mon projet sur la justice linguistique est le plus avancé des trois. Mon objectif est d’identifier les différents fondements normatifs sur lesquels des auteurs ont tenté de justifier l’octroi de droits ou de protections linguistiques. Les plus régulièrement employés sont l’équité socioéconomique, le respect de l’identité ou la valeur intrinsèque des langues. On peut cependant en identifier d’autres tels que la valeur instrumentale des langues pour les individus, l’efficience linguistique que permet l’intervention de l’État, la valeur intrinsèque de la diversité linguistique ou la valeur instrumentale de la diversité linguistique. Clarifier les arguments souvent laissés implicites ou non définis s’avère un travail important permettant de mieux évaluer les propositions normatives dans le domaine des politiques linguistiques.


Confiance

(Projet financé 2012-2014 par le CRSH, Programme Développement Savoir)

Ce projet de recherche se propose de clarifier le concept de confiance. La nécessité d'un tel travail de clarification conceptuelle m'est apparue lors de mes recherches sur la justice linguistique dans les communautés multinationales. La langue partagée peut-elle promouvoir la confiance par delà les clivages ethnoculturels? Certaines études permettent de le croire. Un problème est cependant vite apparu: au delà des méthodologies différentes, c'est la terminologie et les différentes définitions des concepts utilisés par plusieurs chercheurs qui empêchent de tirer des conclusions précises sur le sujet. La confiance, la dignité de confiance (trustworthiness), la prévisibilité, la réciprocité, la solidarité, sont des termes utilisés de façon quasi synonymique par plusieurs philosophes, sociologues, économistes et psychologues. De plus, certains définissent la confiance comme fondée dans la rationalité instrumentale de l'agent, d'autres dans un devoir moral envers autrui, certains voient sa source dans un rapport cognitif au monde, d'autres dans une émotion plus ou moins alimentée par des aspects cognitifs. Pour certains encore, la confiance s'observe par des comportements, pour d'autres elle est une disposition qui ne se laisse pas observer. Cette diversité dans la compréhension du concept de confiance empêche le développement de projets de recherche mutidisciplinaires ou transdisciplinaires d'envergure où les découvertes et savoirs accumulés par chaque science peuvent être mis à profit afin de mieux comprendre ce qu'est la confiance, quels en sont les déterminants, et de quels moyens nous disposons pour la promouvoir.

Je propose une clarification du concept de confiance en me fondant sur les propositions théoriques offertes par les philosophes mais aussi en tenant compte des enseignements offerts par les différentes sciences ayant travaillé sur les relations de confiance. Je propose une analyse critique des propositions théoriques offertes par les philosophes en mettant ces définitions à l'épreuve des récentes découvertes en sciences sociales et naturelles. Cela permettra d'éliminer certaines conceptions problématiques de la confiance et de clarifier la terminologie. Ces conclusions auront une importance et un intérêt pour la recherche fondamentale en philosophie descriptive et normative en identifiant des moyens de promouvoir la confiance nécessaire aux institutions dans lesquelles s'incarnent les principes normatifs. Elles seront aussi pertinentes pour les sciences portant leur regard sur la confiance en permettant une meilleure interprétation et en facilitant la consolidation des résultats d'études sur le sujet tout en permettant une meilleure configuration des études à venir.


Contractualisme

Mes travaux portent principalement sur le contractualisme comme théorie justificative des normes sociales et morales. 

© David Robichaud 2012